Rahemur Rahman, jeune designer à la découverte de son Bengladesh natal

Au cours de ces dernières saisons, Le Rang a tenu à vous faire découvrir des designers londoniens à travers sa distribution et ses articles de mode. Nous sommes très sensibles à l'incroyable mixité qui règne dans les défilés de la capitale du Royaume-Uni. Chaque jeune designer apporte sa propre identité, sa culture, créant une effervescence certaine lors de chaque Fashion Week.

Ainsi, nous avons pu au fil des saisons voir s'élever le sentiment dystopique de Liam Hodges, l'élégance technique des survêtements Cottweiler, l'ouverture sur le monde de Khalid Qasimi.

Cette ouverture sur le monde nous a amené en 2018 vers les travaux de Paria Farzaneh. Cette jeune créatrice d'origine iranienne a réussi à mettre en avant son pays en proposant une ligne de vêtement inspirée des tenues streetwear londoniennes construites à l'aide de tissus tissés et teints à la main en Iran. Sa dernière collaboration avec la marque de baskets Converse a connu un véritable succès. Paria est désomais superbement lancée chaque saison sur la scène mode londonienne.

Durant la Fashion Week de Londres qui s'est déroulée en ce début d'année, nous avons pu cette fois découvrir un designer qui peut être fier d'assembler le tailoring britannique aux couleurs que l'on retrouve dans sa région d'origine, l'Asie du Sud.





Rahemur Rahman, jeune britannique originaire du Bengladesh, a présenté cette année sa toute première collection Automne / Hiver 2019 qui a pour but de réinterpréter et raconter l'histoire de la culture Sud Asiatique. Rahemur s'inspire de l'amour de son père pour l'élégance des costumes anglais à celui de sa mère pour les vêtements traditionnels de son pays de naissance. Sa collection est un véritable mariage entre Occident et Asie, émanant de la formidable dualité culturelle de sa propre famille.





Diplômé de la Ô combien renommée école de de mode Central Saint Martins, le jeune designer aura débuté dans la mode en travaillant avec une agence de création qui travaille majoritairement avec la communauté Sud Asiatique. Alors qu'il travaille dans cette agence, Rahemur Rahman organise un shooting photo avec plusieurs amies sud asiatiques. Très inspiré par leur beauté, le rendu est incroyable, est tombe sous les yeux de la journaliste de mode Sarah Mower, qui va ensuite le pousser à lancer lui-même sa propre marque.

Le designer veut faire des vêtements pour les personnes qui aiment s'habiller comme lui, il souhaite mettre la beauté, les cultures Sud Asiatique en avant. Conscient que la majorité des jeunes designers utilisent le streetwear pour mettre en avant leur identité artistique, Rahemur Rahman lui habille les personnes adeptes du tailoring. Il nomme sa première collection « Pour les gens qui rêvent en couleurs ».





La collection est construite à partir des nombreuses de ses photos de familles prises dans les années 90. Pleines de couleurs, ses tirages sont l'occasion pour lui d'utiliser des techniques de teintes du Bengladesh. Les pièces sont développées dans des tissus de coton, laine et soie. Très élégantes, les créations de Rahemur Rahman dévoile l'art unique du tailoring anglais.

Savant mariage entre le pays de ses origines et celui qui l'a vu grandir, la première collection du jeune designer a été présentée dans un centre communautaire Bengalis. De même, les modèles ont été soigneusement choisis, tous originaires de l'Asie du Sud, Rahemur Rahman a voulu souligné la richesse culturelle et religieuse de cette magnifique région du Monde. Hindoues, musulmans et Sikhs se côtoient dans un salon. Originaires d'Inde, du Pakistan et bien sur du Bengladesh, les mannequins, présentent une collection accompagnée des sonorités du musicien Leo Kalyan. Kamran Rajput aura lui de son côté réalisé le styling des tenues.



Riche et rafraîchissante, la toute première collection de Rahemur Rahman nous aura, à travers le Bengladesh, fait réaliser Ô combien la mode n'a de sens sans une ouverture sur le Monde qui nous entoure, les gens, les cultures. Un grand bravo.



Nils

Photos : Iolo Lewis Edwards et notre partenaire média High Fashion Talk.

 
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